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Le management stratégique des TIC

Mémoire : Management stratégique des Technologies d’Information et de Communication

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[/sociallocker] Introduction

Partie I : Marchés et territoires

L’organisation spatiale des marchés en ligne

Les territoires de projet

Partie II : Réseaux territorialisés et espaces de connaissances

Connaissance et artefacts TIC de médiation : proposition d’un cadre conceptuel

TIC et management de la distance cognitive

Partie III : Emergence de nouvelles formes spatiales

Les TIC productrices d’espace : proposition d’un cadre d’analyse

Continuités et fragmentations de l’espace

Conclusion

Le concept de territoire fut un temps suspecté pour des raisons idéologiques, puis le développement des réseaux devait le court-circuiter (Castells, 1996) et la modernité des TIC effacer la distance. Le renouveau d’intérêt pour le concept nous semble s’expliquer par un double paradoxe : d’une part, les progrès de la mondialisation corrélés à la persistance des inégalités territoriales (ou à leur redécouverte) ; d’autre part, la diminution du poids de la distance (Cairncross, 1997) et le fait que les lieux n’ont jamais autant compté pour les stratégies des acteurs. Car en creusant des différences entre les territoires, la mondialisation est aussi un facteur d’anisotropie spatiale et donc créatrice de géographie.

L’hypothèse de départ de notre travail est que l’espace est produit (Lefebvre, 1974). Par production de l’espace, il faut comprendre le résultat de la façon dont les sociétés l’occupent, l’utilisent, en façonnent les paysages, le modèlent en fonction des rapports sociaux, des modes d’appropriation de la valeur, bref entre des interactions entre les instances économique, politique et culturelle. Mais l’espace produit est aussi condition de sa reproduction sociale. La thèse avancée est que les TIC produisent de l’espace et peuvent faire territoire.

Nous avons présenté les trois axes de recherche qui fédèrent notre réflexion sur la question du management stratégique des TIC dans leurs rapports à l’espace. Comme le soulignent Lauriol,

Perret et Tannery (2008), le territoire et le réseau sont des catégories analytiques qui nourrissent une littérature foisonnante en management stratégique : « les opérations de segmentation, de positionnement ou de localisation renvoient à un outillage analytique classique des disciplines du marketing et de la stratégie » (p. 92). Pour autant, relativement à la problématique de management des TIC, notamment dans une optique de gouvernance publique, les recherches sont peu nombreuses. Les TIC et l’espace, en tant que « construits sociaux » interagissent. Les dispositifs techniques amènent à passer d’une problématique de segmentation marketing à des enjeux de fragmentation sociale ; ils peuvent équiper le management de la distance cognitive au sein de configurations organisationnelles territorialisés mais posent dès lors, des enjeux de gouvernance du sens produit. Enfin, les TIC organisent l’espace en produisant des différenciations et des dynamiques territoriales.

Une étude réalisée en partenariat avec les organismes ministériels de support à la gestion des systèmes d’information hospitaliers, nous a permis de mettre en place un programme de recherche sur la question de la gouvernance des SIH (Systèmes d’Information Hospitaliers) et de ses spécificités (Fernandez, Houy 2009). Celui-ci devrait appuyer les prochaines actions de recherche engagées sur ce thème dans le secteur d’activité de la santé. Des réflexions sont en cours sur un « nouvel espace hospitalier » très « territorialisé ». Les logiques sociales qui gouvernent ce mouvement sont multiples. Les différents niveaux politiques cherchent à maîtriser le niveau général des coûts de santé mais également à apporter des solutions jugées satisfaisantes par les citoyens dans une organisation territoriale donnée (nouveau contexte de territorialisation des pratiques de santé : concentration des spécialités, des ARH86 et

Communauté Hospitalière de Territoire, …). Les visions politiques sont différentes selon le niveau où l’on se place et l’enjeu territorial est très important puisque c’est, à terme, le type de soins offerts localement qui est l’objet de cette organisation territoriale. Comme pour de nombreux secteurs d’activité, la question de l’interopérabilité des systèmes d’information (SI) se pose à trois niveaux : sémantique, technique, organisationnel. De nombreux travaux sont en cours et prometteurs d’avancées sur la question sémantique. La question de l’interopérabilité et des « bonnes pratiques » de mise en oeuvre des interfaces et des EAI (Enterprise Application Integration) dans une architecture SIH optimisée, est également largement traitée par les communautés professionnelles concernées. Pour autant, dans le domaine de la santé, le potentiel d’interopérabilité des SI se heurte aux difficultés à maîtriser une gestion unifiée de l’information sur les différentes structures concernées et à l’absence de normalisation des concepts. Il reste là à définir les éléments d’une stratégie win-win qui soit un système d’incitation pour l’ensemble des acteurs concernés ou…une structure de gouvernance de cette interopérabilité. L’interopérabilité des SIH doit faire l’objet de réflexions partagées à une échelle régionale voire nationale et pose là encore la question de nouveaux modes de gouvernance. Tel est le nouvel axe de recherche que nous voudrions adresser en nous engageant dès lors plus fortement dans le domaine du management des SI.

Par ailleurs, nos perspectives de recherche sur le concept « d’écosystème d’affaires »

(Fernandez, Fautrero, Puel 2009) et sur sa portée opératoire dans le cadre des marchés de la télémédecine, devrait s’inscrire dans cette dynamique.

Je viens, à ce jour, de terminer la constitution du jury de thèse d’Hanène Jomaa. Fondé sur une étude longitudinale d’une grande entreprise du secteur de l’assurance, ce travail de doctorat souligne l’enjeu de placer la mesure de la performance à l’aune des routines organisationnelles créées. Il fut pour nous l’occasion d’opérationnaliser le concept de « régionalisation » développé par Giddens. La double intégration sociale et systémique des systèmes sociaux à travers le temps et l’espace permet d’analyser la dynamique du changement que l’adoption d’une technologie suscite et/ou accompagne. La prise en compte de ce principe conceptuel implique la nécessité d’analyser par exemple la contribution de l’usage des systèmes d’information à la performance de l’entreprise comme un processus dynamique, qu’il faut suivre dans le temps et dans l’espace. Nous avons, dans le cadre de cette étude, repris le modèle séquentiel de l’interaction proposé par Barley (1986). La dimension temporelle y est intégrée par le suivi du processus d’interactions des acteurs avec les différentes caractéristiques de leur contexte de travail dans le temps. Giddens (1984) insiste sur le caractère inextricable des trois dimensions du structurel. Dans sa dynamique de contrôle réflexif de l’action, l’acteur mobilise aussi bien des schémas d’interprétation, des ressources d’autorité et d’allocation, que des composants normatifs de l’interaction. C’est à travers ces dimensions du structurel que les acteurs interagissent avec les sources de structures de l’organisation (dont la technologie) produisant ainsi de nouvelles propriétés structurelles (nouveaux jeux de domination, arguments de légitimation, schémas de signification). Cette dynamique d’interaction n’est pas toujours observable au niveau des traits matériels des sources de structure. Pour les suivre, une actualisation dans le temps et dans l’espace de ces propriétés est nécessaire. Cela passe, par exemple, par une analyse ponctuelle de la situation de l’organisation en termes de lieux de concentration du pouvoir, de degré d’implication des acteurs dans la stratégie de l’entreprise ou de sondage d’opinion pour saisir l’évolution du sens donné aux activités des acteurs. Les réflexions engagées dans le cadre de ce travail de doctorat, particulièrement sur la question du concept de régionalisation, se sont nourries d’une réelle dynamique de travail collectif, selon nous indispensable à l’opérationnalisation du concept : entre chercheurs mais également avec des responsables d’entreprises. Notre pratique de recherche, caractérisée par l’ouverture à d’autres milieux professionnels, en fait de notre point de vue, sa richesse mais bien évidemment, sa difficulté également. Les temps de réalisation des contrats de recherche sont longs ; les temps de « maturation » et de prise de distance s’y rajoutent et rallongent d’autant le cycle de « fabrication » d’un article de recherche. Là est probablement une piste d’amélioration de notre exercice de chercheur : raccourcir les délais de production d’articles.

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One comment

  1. je suis intéressée par vos mémoires

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